Etre une personne surdouée et décider de s'offrir une nouvelle vie

Introduction

Souvent, pour une personne surdouée, après avoir vécu sans exister vraiment pendant des années, vient le moment juste pour s'offrir une nouvelle vie, pour soi, pour ses enfants, pour le monde qui n'a jamais eu autant besoin de la pleine expression de tous les talents.

Oser vivre vraiment, oser exister pleinement, constitue un enjeu majeur pour ces personnes si étranges et attachantes, hypersensibles et empathiques, rapides et aux intuitions fulgurantes, que l'on appelle souvent surdouées, zébrées, hauts potentiels intellectuels, sensibles et douées.

A LIRE POUR S'INFORMER - Qui sont ces personnes surdouées, zébrées, hauts potentiels ? - Lire la page

Si tout au fond de vous, parfois par delà les ombres de la peur, de la culpabilité et du sentiment d'imposture, vous sentez comme une étoile perdue dans la nuit qui vous dit que c'est maintenant qu'il faut changer, juste maintenant, que c'est évident, alors je vous propose d'aller à sa rencontre ensemble.

Cela vaut le coup, à l'échelle de notre vie en premier lieu. Et sur le plan professionnel, pour un manager, un Dirigeant, un DRH par exemple, reconnaître sa propre douance et oser (la) vivre vraiment, cela apporte un recul, une sérénité, qui permettent d'agir de manière tellement plus posée et efficiente !

A l'heure où notre monde professionnel devient lui-même "surdoué" (phénomène systémique, derrière ces mots plus visibles c'est tout un ensemble de phénomènes mathématiques que je viens convoquer), où la rapidité et la complexité de nos systèmes informatiques, économiques, concurrentiels... vont devenir la norme, décider d'être vous-même ne sera plus "assumer ma différence", mais se rapprocher naturellement de ceux qui sont tournés vers le présent et le futur.

En tant que personne surdouée, il ne s'agit pas de gérer sa douance pour mieux s'adapter à la non efficience collective, mais de se tourner vers un environnement qui valorise sans concessions l’efficience collective durable. Ce qui ne signifie toujours changer d'environnement, car vous ignorez souvent votre pouvoir de le transformer même perdu dans le middle management d'une grande organisation !

Sur un sujet si important, je ne rappellerai jamais assez ma subjectivité et les schématisation auxquelles m'obligent l'écriture d'un article lisible sur Linkedin. L'intention reste d'inspirer pour que vous trouviez vos réponses.

Belle lecture à vous

Matthieu Lassagne, Conférencier, Coach de dirigeant(e)s, cadres, managers, entrepreneurs surdoués et multipotentialistes

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Article

Choisir de vivre vraiment

Vivre vraiment : chez beaucoup d'entre nous, et notamment chez les personnes sensibles et douées, ces mots touchent les peurs les plus profondes, éveillent les monstres les plus inconscients.

Des mots si simples et dont la concrétisation change la vie d'une personne surdouée. Vivre vraiment ne permet pas de s'envoler, mais de se laisser tomber à la renverse dans le bleu insondable du ciel, au fond duquel se trouve la Lumière de sa vérité à soi, à la fois mélodie, douceur pure et couleur inconnue.

 La réussite est un lâcher prise, qui amène à tomber lourdement et sereinement vers soi-même

Avant d'atteindre cette Lumière, le sentiment d'illégitimité et la peur de retomber tentent de nous retenir une dernière fois. Et comment ne pourrait-elle pas embraser notre âme encore si fragile, nous écraser, nous disloquer ? Et pourquoi mériter une telle beauté ? Pourquoi trahir les siens en allant si loin ? Mais ces illusions s'évaporent lorsque la vérité les éclaire, et quand nous atteignons cette lumière, dans un dernier sursaut de courage, nous vivons cette noblesse universelle, cette beauté, cette évidence que représente le simple fait d'être Soi.

A trouver notre juste place, à retrouver son Soi, nous ne trouvons que ce lieu où nous avons toujours été, quelque part en nous. Nous ne sommes pas nos comportements, notre passé, notre classe sociale et même notre personnalité consciente, nos mécanismes de défense et nos blocages, ni même les valeurs que nous croyons avoir : nous sommes cette étoile intérieure qui ignore nos obscurantismes, douce et solide, bienveillante et sereine, union de nos potentiels inconscients, et qui n'aspire qu'à briller avec toutes les autres de l'univers.

Trouver son Soi, sa juste place

Et alors, après avoir trouvé son Soi, et donc sa juste place, son art, sa posture, sur le plan professionnel, la levée de fonds, le positionnement sur le marché, la stratégie de carrière, la croissance du groupe, la constitution du Codir, la découverte d'un nouveau concept, d'une nouvelle mode, l'inspiration littéraire,...parfois tout cela devient évident, comme si nous habitions un monde parallèle étrange, sans comprendre pourquoi. Certains parlent de réussite effrayante, de métamorphose.

Se poser les vraies questions

Mais rassurons-nous, tout a une raison, une explication, une logique : nous avons arrêté de jouer à nous raconter des histoires, et avons osé, dans un courage indicible, nous poser les vraies questions. Nous avons osé prétendre à l'existence, prétendre vivre vraiment, la seule étape qui permette un amour authentique de l'Autre, et donc l'authentique envie de créer, d'innover, de nouer des liens stratégiques, pour faire avancer le monde ensemble.

Et un entrepreneur qui parle de son concept et qui a vraiment envie, qui a confiance, qui aime sincèrement les gens, cela fait toute la différence.

1 - Reconnaître et assumer pleinement sa surdouance et celle de ses enfants

1. Oser poser enfin des mots sur ces ressentis indicibles

En tant qu'êtres humains, nous avons cette chance de posséder le langage, cette Lumière qui éclaire les ombres car elle structure et nomme toutes ces choses qui nous traversent et nous entourent.

En posant un terme, fut-il schématique, incomplet et en devenir, sur les ressentis intérieurs des personnes dites surdouées, zébrées, HPI, nous permettons à toute une partie de leur univers psychique d'être reconnu par l'Autre, d'être socialisé. Nous leur donnons alors l'existence et l'humanité.

Nommer la douance, la qualifier...justement pour mieux s'en émanciper !

Où que nous soyons positionné sur le continuum de la douance, nous sommes responsables collectivement d'accompagner ces personnes si étranges et attachantes, sensibles et empathiques, à devenir des personnes surdouées ou zébrées - ou autre terme avec lequel elles se sentent bien.

Combien de personnes m'ont confiées à quel point oser poser le terme de douance a été essentiel. En posant dans un premier temps un cadre qui explique une partie de notre personnalité, nous posons dans le même temps une toile sur laquelle nous pouvons peindre notre nouvelle vie.

2. Entamer un questionnement sur sa douance dans de bonnes conditions

Oser le processus diagnostique me semble fondamental, pour soi et ses enfants, lorsque l'on sent que la démarche est sincère; lorsque après la lecture d'un livre par exemple, la demande vient de la petite luciole de son intuition qui dit parfois que c'est juste, c'est ça, c'est évident.

Libérer la parole autour de la douance : quel temps gagné pour soi-même et ses enfants ! 

Même si dans la famille tout le monde va bien, libérer la parole autour de la douance pourra faire gagner tant de temps en cas de difficulté par la suite, et protéger l'estime et la confiance de chacun.

Prendre contact avec un psychologue qui connaît la douance et qui donnera les résultatsme semble aussi essentiel. L'amour de ses enfants constitue souvent un appui en tant que mère et que père pour s'avouer sa propre douance et avancer.

3. Entamer un processus de diagnostic différentiel solide : Asperger, TDAH ou autre spécificités cachées derrière la douance ?

Tout comme la douance, l'Asperger et le TDAH sont à voir comme des continuums aux expressions variables, et restent très mal connus.

Parfois, le syndrome d'Asperger est invisible chez la personne surdouée, car depuis le plus jeune âge, elle s'est appuyée sur son intelligence pour compenser ses difficulté dans les interactions sociales.

Or l'Asperger comme la douance colore notre perception même de la réalité. Les talents potentiels des personnes Asperger sont très nombreux, les conscientiser permet à beaucoup de s'envoler sur le plan professionnel.

Nous évoquons ici des spécificités cognitives, avec leurs potentiels avantages et inconvénients, qui sont bien trop souvent noircies en France dans de nombreux articles.

2 - Décider de prendre du temps pour soi

1. Prendre le temps d'engager un vrai parcours de développement personnel

A cette étape, nous avons osé poser des mots sur tous les malentendus de notre vie, et nous découvrons avec stupéfaction ce que nous sommes vraiment. Tant de potentiels, restés inconscients depuis la nuit des temps, scintillent comme les étoiles d'une nuit de printemps.

Et alors, les ronces qui nous enserrent se mettent à frémir, les parasites et l'entourage qui profitaient si bien de notre inexistence commencent à prendre peur. Parfois en entreprise et en famille, le système qui nous entoure se cabre, sentant venir le vent frais du changement.

Parfois, l'entourage fait tout ce qu'il peut pour vous empêcher de réussir, et invoque des arguments imparables !

Parfois, nous ne sommes pas assez solides pour changer. Il convient alors de prendre le temps de se construire, de nouer des relations positives, et de guetter dans le gris du ciel la prochaine éclaircie par laquelle s'envoler explorer l'univers.

Souvent aussi nous savons que c'est le moment juste pour oser, juste maintenant, tout lâcher et simplement s'autoriser à s'envoler. Parfois, l'entourage qui ne reflète que notre faux-self passé pourra faire en sorte que le monde s'écroule sous nos pieds, peu importe, nous tombons à la renverse dans le bleu du ciel.

Très souvent heureusement, l'entourage posera un regard à la fois un peu anxieux, interrogé et bienveillant sur ce besoin de changement. Il convient alors de prendre le temps de leur expliquer, dans leur langage à eux, nos différences, nos besoins bien spécifiques, et que c'est avec eux que nous voulons nous transformer.

Quelques actions concrètes ?

Prendre la décision forte et non négociable de se donner du temps à soi et des ressources pour construire cette vie nouvelle : 

1. Ecrire, dans tous les sens, des mots, des idées, des histoires, et laisser émerger à ce niveau autant de possible inattendus

2. Explorer dans notre passé, sur le plan personnel comme professionnel, les merveilles de nos compétences et de nos talents oubliés

3. Lire, rencontrer, explorer, dans des domaines variés. S'appuyer sur notre intuition pour sentir ce qui est juste et nous apporte vraiment.

2. Explorer ses talents, pour trouver la Lumière qui les éclaire

Bien souvent, les sensibles et doués ont un don pour relier les gens entre eux, les domaines de compétences, les silos au sein des organisations. Ce talent reflète une de leurs spécificités cognitives : elles trouvent le sens caché derrière des données apparemment sans lien, disparates, multiples.

Beaucoup aussi évoquent une écoute profonde, une grande lucidité, et une empathie qui leur permettent de sentir tout de suite la faille chez l'autre dans la relation, ou d'identifier tout de suite le véritable enjeu lorsqu'elles sont en mission de coaching ou de conseil stratégique par exemple.

Les deux premiers talents évoqués ici en font de très bons accompagnants du changement, à des postes de DRH ou de développement des talents, ou en externe en tant que coachs et consultants.

Les personnes surdouées sentent l'évolution des modes de vie à venir, les événements politiques et financiers que les autres identifient comme imprévisibles.

Beaucoup disposent d'un sens inné de l'harmonie, de la cohérence, ce qui en font des artistes, des consultants talentueux en image de marque et en marketing. Ils sentent le typographie, le logo, le discours, qui va prendre, qui va marcher, car aligné avec le produit et la vibration de l'organisation.

D'autres surdoués se trouvant plus sur le pôle logique et séquentiel (et dont la créativité et l'empathie ne sont pas absentes mais non conscientisées), seront redoutables dans le conseil en stratégie, la gestion de projet, l'informatique, la finance.

Prendre conscience de ces talents constitue déjà une belle première étape, mais selon moi, il convient d'aller plus loin.

lorsque nous trouvons ce génie, nous avons une grande chance de devenir uniques, singuliers dans nos activités ou notre manière de les aborder

Lors d'une première démarche de prise de conscience (à l'aide d'un bilan de compétence par exemple), nous découvrons un magnifique vitrail de talents multiples, disparates, et magnifiques, mais nous sentons qu'ils sont reliés par quelque chose plus en amont.

En touchant le verre du vitrail, en nous connectant à sa structure, nous pouvons sentir la lumière qui le traverse, ou autrement dit, son génie à soi. Cette Lumière, elle ne se trouve pas, nous la laissons nous trouver, nous la laissons se trahir dans une fulgurance littéraire, dans un geste au théâtre, ou au cœur d'une réflexion philosophique.

Et lorsque nous trouvons ce génie, au-delà d'une transformation sur le plan personnel, nous avons une grande chance de devenir uniques, singuliers dans nos activités ou notre manière de les aborder.

Quelles actions concrètes pour trouver son génie à soi ?

Trouver sa zone de génie, ou zone d'excellence, reste exceptionnel, nous pouvons très bien réussir notre vie sans la découvrir.

Nous pouvons par contre prendre la décision fondamentale de réunir toutes les conditions pour que cette Lumière puisse nous trouver : renouer avec l'art, prendre le temps de lire ces auteurs qui évoquent leurs révélations, ou ces immenses psychanalystes ou maîtres du développement personnel, aller à des conférences passionnantes et y faire de belles rencontres, investir dans des formations qui transforment, tout cela pour s'ouvrir à la possibilité d'être un jour vraiment soi-même, tout cela pour déjà se représenter le bleu insondable derrière le gris du ciel.
Décider d'équilibrer ses relations

Lorsque nous sommes devenus plus solides, dans un courage immense, nous décidons de dire non aux relations où l'on donne plus qu'on ne reçoit en retour, non aux relations toxiques, non aux jeux relationnels, même les plus subtils.

Il convient d'oser conserver et développer seulement les relations qui nous semblent justes, qui font sens, où règne l'empathie, la bienveillance et où l'on construit ensemble, pour soi-même et pour le monde, plus que ce que l'on aurait construit séparément.

Nous laissons se croiser les chemins qui devaient se croiser, et nous laissons s'éloigner les chemins qui devaient s'éloigner. Nous fréquentons alors d'autres gens, d'autres lieux, qui nous promettent d'autres voyages.

A cette étape, en osant choisir ses relations, on ne se sent plus seul au milieu de tous, mais pour la première fois vraiment entouré, au milieu de quelques-uns.

Et concrètement, quelles décisions stratégiques ?

1. Oser demander, oser dire non lorsque cela fait sens

2. Oser dire avec bienveillance mais tout de suite ses ressentis

3. Apprendre la communication non violente et les mécanismes des jeux relationnels

4. Parfois, s'appuyer sur la (Gestalt) thérapie, l'hypnose, le théâtre, pour rendre plus flexible, équilibré, son rapport à l'autre

5. Lire sur les différences de personnalité et de formes d'intelligence, pour dédramatiser certains conflits ou malentendus qui ne proviennent que de la richesse de nos différences !

Passer à la concrétisation, devenir l'architecte et le bâtisseur de cette nouvelle vie

Bien des personnes surdouées sont capables de générer des idées qui apporteraient vraiment à la société, et éprouvent un sentiment de perte de sens ou d'ennui lorsqu'il s'agit d'aller au contact du réel pour les concrétiser.

Beaucoup s'enferment dans le désert de leur demande de liberté, papillonnent dans des battements d'ailes affolés sans se trouver, alors qu'en nous offrant un cadre, nous pouvons peindre à l'intérieur l'œuvre de notre vie, qui ne sortira pas du cadre physiquement, mais symboliquement. Parce qu'elle est limitée dans l'espace, une œuvre comporte son infini en elle.

Allier cadre et multiplicité - Les défis et les talents des multipotentialistes - Lire l'article

Pour se transformer, il convient de prendre ses outils actuels pour tailler la pierre de notre réalité, patiemment, et trouver peut être sa vérité, son art, dans ce geste même.

Il s'agit par exemple de conclure des affaires, gagner des missions, prendre soin de nos finances, avec ce dont nous disposons aujourd'hui, et aussi compléter son profil sur les réseaux sociaux, créer son site Internet, autant d'actions techniques et parfois vécues comme austères pourtant si essentielles pour construire sa confiance.

Oser prendre sa juste place

Souvent, les difficultés relationnelles que vivent les personnes surdouées dans le contexte professionnel sont le reflet d'un décalage entre leur position hiérarchique et leurs réalisations concrètes et / ou leurs potentiels.

Ils ne sont pas à leur juste place, et l'entourage le sent. La quantité et la qualité de ce qu'ils apportent se situent bien au-delà de leur rémunération et de leur position. 

Souvent, la personne surdouée et son entourage professionnel décident de ne pas regarder ce déséquilibre en face, et signent ce contrat tacite du silence qu'ils savent au fond sans avenir.

Parfois, il convient d'oser demander, maintenant, sa juste place, celle que l'on occupe dans les faits plus ou moins déjà

Cette évidence refoulée rôde dans les équipes telle un fantôme, cette vérité que tout le monde sait et dont personne ne parle. Et lorsque ce décalage devient évident, à l'occasion d'une mission bien trop réussie par exemple, ou d'une remarque trop juste, c'est le coup de théâtre, et bien souvent la fin de la collaboration.

Parfois, il convient d'oser demander, maintenant, sa juste place, celle que l'on occupe dans les faits plus ou moins déjà, ou celle où nous serions plus heureux.

Beaucoup de sensibles et doués, très bons numéros deux, n'osent pas prendre la place de leader alors qu'il pourraient y faire de si belles choses. A l'inverse, certains DG, même s'ils sont très bons, n'osent pas - par convention sociale - revenir à la place du créatif ou du concepteur dont ils rêvent tant.

Les freins sont si nombreux : peur de perdre contact avec la réalité, de ne "faire que de la politique", ou autre mirages qui cachent en réalité la peur d'être soi, la peur de prendre la place que l'on a jamais eue, la peur de s'envoler.

Parfois, quand la place au sein de la famille était bancale, quand on jouait déjà le rôle de parent avec ses frères et sœurs, avec l'accord voire la demande implicite des grands, et que l'on se faisait rappeler sa place d'enfant lorsque cela les arrangeait, le simple fait d'imaginer être un jour vraiment bien, simplement bien, simplement soi, soulève des interdits si forts.

Parler de la douance en organisation et accompagner ses collaborateurs surdoués

Beaucoup de RRH et dirigeants, après avoir conscientisé leur propre douance et accompagné leur entourage dans cette démarche, se trouvent aujourd'hui sur le point de transmettre cette prise de conscience autour d'eux.

Et c'est là que nous trouvons les ultimes freins, entièrement légitimes : la peur de s'isoler, de faire peur à ses équipes, de créer le malaise entre les collaborateurs. Bien parler de la douance est effectivement un art, et il convient de s'être unifié en soi pour communiquer sur la douance d'une manière qui unifie les autres. S'investir pour accompagner les collaborateurs surdoués au bénéfice de tous : souvent, l'intuition dit que c'est juste, et les dernières peurs refont surface.

Parler de la douance, cela revient à identifier nombre de déséquilibres dans les relations professionnelles qui représentent des coûts cachés très importants

Beaucoup imaginent la création d'une nouvelle diversité au sein des processus RH, pour satisfaire un effet de mode, sans retour sur investissements concrets, avec en prime le danger de désigner certains surdoués et pas d'autres. Décomposons ensemble cette croyance.

Création d'une nouvelle diversité ? La douance étant un continuum, désigner les uns surdoués et pas les autres aurait un sens limité. Il s'agit de développer des processus de management qui prennent en compte la possibilité que tout un chacun soit surdoué, et donc, qui libèrent tous les talents et toutes les idées.

Quel ROI ? Parler de la douance, cela revient à identifier nombre de déséquilibres dans les relations professionnelles - dont la responsabilité est collective - qui représentent des coûts cachés très importants tant au niveau humain que concrètement financiers, et à les corriger par la mise en place de nouveaux processus de management et d'une adaptation de la culture d'entreprise.

Dans de nombreux domaines tels que l'énergie, la finance et la gestion du risque, le conseil stratégique, la coopération internationale et l'aide aux pays en voie de développement, ce sont des millions d'euros qui s'envolent parce qu'un intérêt particulier a empêché une proposition innovante de monter jusqu'au lieux de décision, car par méconnaissance de la douance, les intentions du collaborateur concerné ont étés mal comprises.

La douance, un effet de mode ? Les recherches scientifiques actuelles, notamment les travaux désormais connus du Pr. Habib caractérisent la douance de manière de plus en plus précise, même si la douance restera un continuum avec des déclinaisons multiples et à la définition en perpétuel changement.

En faisant bien attention de distinguer douance et intelligence, je pose l'hypothèse que la mise en place d'une conscientisation de la douance et de ses différents modes d'expression au sein d'une organisation constitue un point de départ pour qu'enfin, l'intelligence (en tant que concept large et systémique) arrête de payer pour les intérêts particuliers et facteurs d'entropie, mais soit la première financée et valorisée.

La douance n'est pas l'intelligence, et à la fois révèle par les enjeux qu'elle pose notre difficulté à remettre l'intelligence (collective, relationnelle, stratégique) en priorité au sein des organisations, au bénéfice la performance financière et du plaisir à travailler ensemble.

CONCLUSION

Décider de résister à toutes les pressions pour s'offrir une nouvelle vie, pour enfin devenir soi-même, constitue selon moi l'acte d'émancipation le plus noble, élégant et humaniste qui soit, dont la portée politique et philosophique est immense.

En décidant de nous offrir une nouvelle vie, nous nous envolons vers la sérénité, car nous sommes en équilibre dans nos relations avec les autres, alignés avec nous-mêmes, et vrais dans tout ce que nous faisons.

Parfois, nous nous pensions libre de penser, alors que nous ne faisions que suivre les courants d'airs. Et les croyances issues de notre milieu social, de nos peurs, se sont évaporées à l'approche de notre Lumière. Elles ont laissé ce qu'elles avaient de meilleur dans ces formes et ces couleurs singulières qui se sont dessinées sur nos ailes, en souvenir de notre renaissance. Nous nous sommes envolés désormais, et le battement de nos ailes est si juste, régulier, apaisant.

Et plusieurs fois au cours de notre existence nous pouvons vivre l'expérience, à chaque fois différente, de nous offrir une vie nouvelle; cet instant où, perdus entre la peur et cet espoir étrange emprunt de tristesse sublime, nous vivons le plus éperdument, le plus intensément.

Cette seconde d'éternité, qui révèle tout ce que l'univers a de sens; cette seconde d'éternité où par un soir d'été, nous nous éloignons de la fête, nous nous éloignons de ces bruits chaotiques, titubants et laids, pour oser partir seul regarder les étoiles, regarder l'avenir. Et en nous retournant, nous découvrons que nous ne sommes pas seul, nous sommes très nombreux, à vouloir explorer l'univers, à vouloir changer.

Matthieu Lassagne

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