Le haut potentiel et l'assertivité : comment dépasser le plafond de verre ?

Cet article s'adresse aux personnes sensibles, empathiques, intuitives, tournées vers l'avenir et ouvertes d'esprit, et qui ont des valeurs fortes d'équité, de protection, d'empathie, de collectif, de bienveillance, de liberté et d'amour.

Son intention : que vous compreniez pourquoi les autres, tous les autres, ceux qui ne se plaignent pas et ceux que vous ne voyez pas, ont besoin de votre réussite, ont besoin que vous viviez dans le confort, ont besoin de votre carrière ambitieuse et multiple ! 

 

Dans cet article, que vous soyez dirigeant.e, coach à succès ou en recherche d'alignement, cadre ou salarié, que vous vous sentiez en difficulté ou que vous pensiez avoir atteint le plein alignement, je vous propose un voyage dans l'espace de l'assertivité, si vaste et aux multiples possibles.

 

Derrière l'assertivité, il y a des enjeux existentiels d'une profondeur infinie. C'est là que nous allons aller ensemble, dans l'intention de souffler ce plafond de verre, tellement fort que chaque fragment deviendra une étoile dans le ciel.

 

Dans ce voyage, nous allons aller au coeur du sujet qui se cache derrière l'assertivité, confronter les croyances les plus évidentes, dont même le développement personnel de haut niveau est imbibé, pour vous inspirer à trouver votre existence, et donc, l'assertivité, la vraie. L'assertivité qui s'émancipe des normes invisibles où elle se déploie, pas l'assertivité qui permet de laisser passer toujours les mêmes au pouvoir. 

 

Ici, dans cet article, je ne prétends que dire mes impressions. Je ne pourrai pas dire à chaque phrase "mon point de vue subjectif est que", je le note alors ici. Si vous le souhaitez, vous pourrez prendre ce qui vous parle, et laisser le reste 😊

 

Vous l'imaginez, dans cet article déjà long, je vais être obligé de schématiser certains concepts (le faux-self, le conflit intérieur...). Vos vécus sont tellement plus riches. Mon intention est de vous transmettre ce qui est pour moi l'essence des solutions possibles, à vous, par d'autres lectures, formations, coachings, accompagnements, d'explorer vos propres solutions. 

 

Je vous souhaite une belle lecture

 

Bien à vous

Matthieu Lassagne,

 

 

Matthieu, pour commencer, j'ai envie de vous demander pourquoi dépasser le plafond de verre (symbolique, ou de sa carrière), en quoi cela fait-il sens ? Pourquoi diable dépasser sa propre Nature, plutôt que de l'accepter ? Pourquoi se mettre en tension, pourquoi se donner de l'ambition ? Est-ce que ce n'est pas le reflet d'une époque centrée sur l'Ego qui détruit la planète ? Un truc de coach quoi...😊

 

Revenons un peu à l'origine de ce concept de plafond de verre sous une forme métaphorique (pour moi la métaphore permet d'aller toucher l'essence des choses). 

 

Le Big Bang qui est arrivé il y a 14 milliards d'années, et qui a permis l'expansion de l'univers, ce n'est rien d'autre que souffler le plafond de verre de l'inexistence. L'échelle change, le concept reste le même. 

 

Si l'on se fait une vision d'artiste de ce qui s'est joué, j'écrierais ceci. 

 

Rien n'avait le droit d'exister, ni même le rienLe rien d’avant notre naissance. Le rien à partir duquel sont nés l’univers, les multivers et autres grands touts, tordus, infinis et multidimensionnels qui nous englobent. Le rien que nous sommes aujourd’hui, par rapport à ce que nous serons demain. Le rien.

 

Il n’y avait que l’immense machine du néant. La machine aux contours impossibles à dessiner, faite d’absences. Elle fonctionnait paisiblement derrière le voile de son inexistence, dans l’infinie précision de son temps qui ne s’écoulait pas, dans la logique dont elle ne disposait pas, sur ses fondations faites de vide. 

 

Et de quel droit un petit éclair, une lueur, un espoir, a décidé d'exister, alors que ce devait être impossible, puisqu'il y avait rien.

Remise en question en zéro seconde de l'ensemble de l'inexistence de l'univers !

Remise en question en un rien de temps de la dictature sans fin du néant !

 

Ce petit éclair s'est arrogé le droit d'exister, alors qu'il n'avait jamais appris à le faire. Il n'avait été éduqué qu'à l'école du néant, et avait lu une infinité de pages blanches. Et pourtant, du vide est né une envie.

 

Ce petit éclair n'avait rien pour sécuriser son expansion, puisqu'il n'existait pas. Il était seul, personne pour lui dire ce qu'il fallait faire. Et pourtant, cet éclair a fait le saut dans le vide...pour passer du vide à l'existence.

 

Et vous connaissez la suite : réaction en chaîne, explosion en cascade, expansion de l'univers, apparition de la vie, jusqu'à vous, ici et maintenant, en train de lire ces lignes.

 

Cette conscience qui vous habite, ici et maintenant, est le résultat d'une explosion du plafond de verre de l'inexistence. Les religions et spiritualités seraient-elles plus raisonnables ? Bouddha n'a pas réfléchi pour avoir la révélation. 

 

Ce que je suis en train de vous dire, c'est que souffler le plafond de verre n'est pas un concept de développement personnel, c'est une tradition qui date de 14 milliards d'années.

 

L'ambition démesurée d'une carrière à l'international, c'est s'aligner avec chacun de vos atomes. 

 

La preuve : cet ennui infini au fond de vous, ce manque de magie, lorsque vous renoncez à exister pleinement pour une belle cause. Cet ennui n'est pas une maladie. C'est la nature de l'univers qui se rappelle à vous. 

 

 

Matthieu, une première question préalable, "dépasser le plafond de verre", ce n'est valable que dans le cas de la carrière ?

 

Bien sûr que non ! Pour les personnes sensibles et douées et avec des valeurs fortes, l'essence de l'enjeu est le même qu'il s'agisse de trouver l'âme soeur ou de bien diriger son entreprise. 

 

Il y a cette difficulté à s'émanciper quelque soit la manière de s'émanciper : trouver l'âme soeur, trouver la vision de sa société.

 

Dans cet article, nous prendrons la carrière comme voie d'émancipation. Si votre sujet est autre, vous pouvez bien sûr transposer.

Matthieu, pour commencer ce voyage, derrière ce "je suis bloqué.e derrière le plafond de verre", derrière ces mots, il y a quoi ? 

 

Quand vous dites "je suis bloqué.e dans ma carrière", par expérience, derrière ce "je suis bloqué.e" il y a souvent un conflit entre deux parties de vous (A) et (B), plus ou moins conscient, plus ou moins intense.

 

Quand vous dites "j'aimerais dépasser le plafond de verre, et je ne sais pas comment", à un niveau plus inconscient, vous vous dites : 

 

(A) Une part de moi, intuitive, futuriste, visionnaire, veut réussir, s'épanouir, s'aligner, s'envoler, rayonner, devenir plus riche spirituellement, culturellement, financièrement, s'ouvrir un océan bleu de possibles

 

qui rentre en conflit avec 

 

(B) Une autre part de moi, plus émotionnelle, conserve des croyances et valeurs limitantes très bien justifiées rationnellement ("c'est une contrainte extérieure, je n'ai pas le choix"), basées en réalité sur le faux-self (nous allons aller plus en profondeur sur ce sujet juste après), et se berce de l'illusion que s'adapter va préserver le lien avec les Autres (ses enfants, ses parents, ses amis)

 

Et ce conflit entre ces parties de soi va créer une tension qui se manifeste de manière variée en fonction de chacun : ça avance d'un coup, et un frein va se mettre en place (un frein intérieur ou extérieur en apparence). ll y a l'envie d'y aller et le sentiment de perte de sens au moment de la mise en place. Une profonde sensation de l'immensité des possibles et des potentiels, qu'il n'y a qu'à tester, expérimenter, et pourtant...quelque chose bloque, ça procrastine. Ou encore, tout mettre en place pour s'ouvrir les possibles,...mais avec X critères pour se limiter (rester en France, attendre d'être prêt.e, ne cibler qu'une activité ou trop d'activités, avoir un projet de vie qui limite l'autre).

 

La métaphore la plus fréquente est celle du plafond de verre. Une autre métaphore fréquente également montre encore mieux ce conflit entre (A) et (B) : 

 

" Je suis dans une Ferrari (ou équivalent), tout est là, mes compétences, mon réseau, le travail que j'ai fait sur moi, je sens que tout est possible, et pourtant je ne sais pas comment desserrer ce frein ! ça bloque en moi même si le mental est convaincu que maintenant je peux m'autoriser à y aller..."

 

Beaucoup témoignent d'être dans une voiture de course (ou équivalent), avec l'envie de desserrer le frein, mais sans savoir comment. Avec cette métaphore, on imagine toute cette énergie dépensée, produit de la lutte entre le moteur et le frein. Ce conflit intérieur peut alors se ressentir dans le corps, se manifester par de l'anxiété ou par d'autres maladies psychiques ou physiques. 

 

Matthieu, avez-vous d'autres exemples de l'expression dans la vie professionnelle de cette lutte entre (A) et (B) 

 

Un grand classique chez les hauts potentiels et traits de personnalité proches (bien sûr, différent pour chacun, je fais en quelque sorte ici une moyenne) :  

  1. Postuler à un poste en dessous ce ses capacités réelles (sur la base de croyances sur soi et sur le monde), en dessous ou à côté de ses motivations, ou en n'osant pas trop demander de rémunération - du fait de l'écart entre là où l'on vous attend et qui vous êtes, le triangle dramatique est bien planté 😊(B)
  2. En effet, vous dites des choses d'une puissance inattendue pour ce poste (A). Vous travaillez bien, TROP bien, souvent sans conscience de votre douance (que vous ne voulez voir : (B)). Ce décalage est mal interprété. On croit par exemple que vous voulez la place du N+1, N+2...(tout cela peut être non conscient). Des relations parfois très constructives au départ tournent au vinaigre. Plein de petites choses que vous n'avez pas osé clarifier au départ (B) reviennent en boomerang. 
  3. Une forme de harcèlement se met en place, parfois vous travaillez encore plus (syndrome du bon élève) et ça le renforce. "quelque chose ne doit vraiment pas aller chez moi..."
  4. (Rarement, vous pouvez être vous même dans le harcèlement, plutôt que de simplement quitter le job qui ne convient pas...à cause de votre loyauté (B), liée au faux-self)
  5. Burn-out, bore-out, explosion émotionnelle (le coup de théâtre en analyse transactionnelle : la rupture, parfois les avocats, le combat contre l'entreprise...le triangle dramatique tourne d'un cran)

Parfois, ces cycles, souvent répétés, ne se voient pas trop. La carrière est belle sur le papier mais sans éclat. La plafond est haut mais tout de même présent. Les coups de théâtres sont des séparations en bonne intelligence sans avocats ni conflit. Mais dans l'essence, c'est la même chose qui se joue.

 

On voit bien dans cet exemple la cohabitation entre la partie de vous qui n'arrive pas à renoncer à sa fulgurance, ses valeurs d'excellence, à l'envie de faire avancer les choses (A), mais tout cela est saboté par (B) qui vous a convaincu d'aller à une place où vous serez perdant quoi qu'il arrive à plus ou moins long terme (place qui invite au jeu relationnel, entourage professionnel pas à votre niveau).

 

Dans l'essence, l'expression de la stratégie de carrière qui est le produit de la lutte entre (A) et (B) ressemble souvent à cela : 

 

"je veux dépasser le plafond de verre, (A) OUI MAIS...

- pas tout de suite (ce n'est pas le moment de prendre des risques)

- en restant dans ma région/mon pays

- en restant en cohérence avec mon projet de vie (qui comme par hasard, limite les opportunités professionnelles)

- en n'allant pas dans telle ou telle entreprise qui est contre mes valeurs

- oui mais alors je ne veux pas trop me mettre en valeur et faire de la politique

- et je ne veux froisser personne

- et je ne veux pas me montrer sur linkedin 

- et j'aime pas les USA, et/ou X ou Y autres pays (pas mes valeurs...)

- et X autres critères en réalité pensés pour rester sous le plafond de verre.(B)

 

Si vous êtes coach, ou indépendant, à quelques phrases près vous pouvez assez facilement transposer.

 

Chacun de ces critères peut être juste et aligné. Il n'existe aucune liste de décisions "faux-self". Ce qui est juste pour l'un ne l'est pas nécessairement pour l'autre. C'est l'ensemble de ces critères, leur tonalité, le non verbal associé, que l'on peut sentir (B).

 

(B) se détecte, nous en parlerons, par des limites auto-imposées "par principe", par sauvetage (au sens de l'AT) des uns et des autres, et par leur non congruence (vous ne voudriez pas qu'un autre se force à se donner à lui-même pour vous, une limite que vous vous donnez pour lui). 

 

Si nous simplifions l'équation, nous avons : 

 

(A) Je veux dépasser le plafond de verre (futur, nouvelles relations) OUI MAIS (B) je veux rester dessous (passé, anciennes loyautés)

 

Oui...mais : " refuser l’interprétation ou au moins écarter son impact émotionnel en déplaçant l’attention sur des facteurs extérieurs" (extrait de : « Oui... mais », Sander M. Abend, Dans Libres cahiers pour la psychanalyse 2000/2 (N°2), pages 67 à 73, article sur Cairn.info)

  

Et ce deuxième terme de l'équation est gouverné, en partie au moins, par le faux-self. 

Plus exactement un double faux-self : celui dont vous entendez parler, et un autre beaucoup plus transparent et invisible.

 

Matthieu, qu'est-ce que le faux-self ? 

 

Le faux-self est la capacité de suradaptation décrite par la théorie de Winnicott. Le faux-self est très important pour rester en bonne santé psychique.  Et oui ! Winnicott distingue cinq degrés d'organisation du faux self, dont les identifications et les attitudes sociales polies qui permettent de se développer.

 

Le "tout vrai-self" (on serait dans la partie (A) seulement) est la pensée magique du nourrisson décrite par la psychanalyse ! Demander à l'univers pour que les opportunités viennent, le nourrisson le fait lorsqu'il ne s'est pas encore séparé de sa mère (illusion d'omnipotence). Par contre, demander à l'univers des opportunités et poser quelques actions ciblées et habitudes pour les stimuler, est une posture plus équilibrée. Il y a une danse à mettre en place entre vrai-self et faux-self. 

 

Donc le faux-self est important. Les masques, les rôles ont tout leur sens. Mais dans une juste mesure et sur une juste durée ! 

 

Chez de nombreuses personnes sensibles et douées, il y a très tôt cette intensité, cette clairvoyance, cette intuition, cette sensibilité. Il y a le sens de ce qui est beau, esthétique, juste, vrai, et un profond besoin de beauté, d'esthétique, de justesse et de vrai. Cela est dû à la finesse de perception des 5 sens et aux capacités de synthèse et de déduction, et à cette pensée intuitive. Il y a aussi un immense besoin de sécurité, de compréhension. 

 

Et par rapport à ces besoins si immenses (immense : en comparaison à la croyance actuelle sur ce que sont les besoins des enfants), que sont les besoins d'un enfant, sincères, authentiques, les parents sont parfois à 10 000 km ! L'enfant se retrouve vite seul dans l'univers, parfois à un niveau très inconscient. Ce n'est pas stable, ce n'est pas sécure, il faut tout le temps s'adapter. Il faut se blinder.

 

La faute des parents ? Ils ont fait ce qu'ils ont pu avec ce qu'ils avaient : en France ils ont étés victimes d'une philosophie consistant à ignorer les besoins des enfants singuliers. Aucune tête ne devait dépasser. L'enfant était au service des parents.

 

Parmi les témoignages, il y a l'impossibilité des parents à faire plaisir entièrement à leur enfant même devenu grand. "Tu es surdoué, oui c'est bien, on l'a toujours su..." (et sans plus). La mère ou le père peut être jaloux de la réussite de l'enfant, souvent les relations avec les parents deviennent impossibles et il convient de couper la relation qui devient toxique. 

 

Dans de très nombreuses autres situations, l'éducation a été bienveillante, car les parents ont eux-même reçus l'amour dont il avaient besoin. Et alors la personne, HPI ou non, réussit à son plein potentiel. 

Cependant même dans des situations où tout a semblé bien se passer pendant l'enfance (notamment les personnes qui se disent faire partie de milieux bourgeois, ou de la haute société), l'adaptation a été immense, mais plus soft en surface.

 

Beaucoup ont témoigné d'avoir presque éduqué leurs parents, et sont parfois toujours en sauvetage des frères et soeurs avec le sentiment d'impossibilité d'arrêter cette relation. 

 

C'est là que commence le problème de la juste place, qui plus tard, se retrouvera au travail ! 

 

Et l'essence de la problématique d'assertivité est là. Quand il s'agira de trouver l'âme soeur, ce sera si difficile de ne pas être attiré par un PN (pervers narcissique) quand le père ou la mère a été de traits de personnalité proches. Quand il s'agira de trouver un job, on prendra un emploi inférieur à ses talents, ce qui créera un décalage d'emblée lors de la prise de poste, et permettra...de rejouer ce qui a été joué avec les parents ou frères et soeurs : ne pas trop déranger, rester dans cette demande de validation, cette panique de ne pas correspondre aux attentes de l'autre.

 

Une partie des personnes haut potentiel n'ont même pas idée de ce qu'est une relation équilibrée à l'autre, de ce qu'est le droit à l'intégrité, au respect de ses besoins. Parfois, elles considèrent l'autre OK par défaut, c'est elles qui ne sont pas OK. Et quelle prise de conscience lorsqu'elles découvrent la réalité.

 

ll y a tant d'exemples de personnes parties réussir à l'étranger, qui, au moment où elle allaient enfin être bien, simplement bien, se sentent prises d'une envie ou d'une illusion d'obligation de revenir en France (se rapprocher des parents) : ici, on rejoue l'impossibilité de se faire plaisir, d'être bien ("quand je suis bien, je ne vois plus de sens, je m'ennuie" : traduction, ce grand jeu n'est plus là, je suis perdu. Ces exemples sont si fréquents que je ne dévoile rien ici de confidentiel. 

 

Et le pire, c'est que parfois (c'est rare...), on peut revenir en France pour une vraie bonne raison, ce peut être aligné avec soi, ses projets. Il serait tellement facile de donner des listes d'actions de type faux-self, mais ce dernier est malin : il se débrouille pour se présenter comme toujours intouchable, et un même choix "faux-self" ne l'est pas pour un autre. 

Quand c'est une magnifique histoire d'amour qui fait partir la personne dans un autres pays alors qu'elle était sur le point d'atteindre l'objectif de sa carrière, vous n'allez pas lui dire que c'est du faux-self ! Car ça peut ne pas l'être. En tant que coach, comme vous avez vous-même un faux-self, qui dit que votre impression de faux-self du client ne parle pas de vous ? 

 

Le faux-self (sa partie négative), exactement comme le pervers narcissique, semble toujours intouchable (une valeur, une contrainte). Elle va bloquer la carrière, et donc rendre l'assertivité inutile et dangereuse puisque trop d'assertivité vous ferait vous repérer dans un endroit où vous devez vous limiter !

 

Le faux-self (sa partie négative) peut être aussi ne pas voir de contrainte alors que ce serait important d'en reconnaître une. Reconnaître une limite à sa carrière peut permettre de lui faire prendre la bonne direction. Il y a des contraintes réelles. 

 

Matthieu, quelles sont les croyances issues de ce faux-self qui limitent l'assertivité ?

 

Je vais vous parler des croyances qui pour moi sont vrai-self. Les croyances issues du faux-self, c'est à dire du réflexe ancien de sur-adaptation non actualisé, sont simplement l'inverse. J'ai mon propre faux-self, donc bien sûr, cette liste n'est là que pour vous inspirer.

 

1. Les croyances les plus complexes à accueillir, que j'appellerais d'individuation

  • Toujours je reste libre de mes pensées, de mes mouvements
  • En m'internationalisant et/ou en développant une carrière multiple, je sublime mes racines, je leur rends hommage
  • Ma réussite personnelle, financière, professionnelle va avoir un impact systémique global positif, et cela quelque soit mon poste, tant que je m'éclate là où je suis !
  • En me désengageant, j'apporte infiniment plus que mon aide, j'apporte mon art (symbolique)
  • Je me mets en valeur, je communique sur ce que je fais et qui me passionne, j'ai une stratégie de carrière. J'ai un agenda personnel et c'est ok : mon intention est de donner à mes valeurs de l'impact à long terme, pas de laisser mes valeurs s'auto-limiter elles-mêmes

2. Autour de l'argent et de la mise en valeur de ses talents et compétences

  • L'argent est un outil d'analyse transactionnelle : ce que je demande clarifie ma place. 
  • Ce n'est pas moi qui réussis. Ici et maintenant, il y a une  réussite que je laisse se faire.
  • Ce n'est pas moi que je vends, c'est mon intuition et ma singularité que je laisse se vendre à sa vraie valeur
  • La réussite est un champ, pas un point. On se laisse traverser par la réussite, en lâchant prise, en lâchant l'Ego

3. Autour de l'équilibre dans la relation

  • En imposant le strict respect de mon intégrité à tous, je rends service aux autres autant qu'à moi
  • En famille comme au travail il y a co-responsabilité
  • Quand je dis non, c'est non
  • Je décide de clarifier, de ne rien laisser passer de flou, j'exprime mes besoins en temps réel
  • Je choisis mes relations et je suis légitime à le faire
  • Si l'amour est ma valeur première, je sais que seule la liberté d'être soi permet à cet amour d'être vrai

4. Croyances sur soi 

  • Mon intuition a une grande valeur, tout comme mon empathie et plus largement ma différence
  • Je décide de m'écouter. Quand je ne sens pas quelqu'un ou quelque chose, je n'ai pas besoin de me justifier, je passe à autre chose : ce que je sens est juste

Je pourrais modifier cette liste en fonction de vos retours. S'il manque quelque chose, merci de l'écrire en commentaire, tout le monde en bénéficiera !

 

Matthieu, mais vous avez développé l'hypothèse d'un second faux-self, plus malin encore, plus transparent, de quoi s'agit-il ? 

 

Oui, il y a un second faux-self, puissant lui aussi, qui vient se loger dans le premier : nous avons été éduqués avec des valeurs morales faites pour faire douter les personnes intuitives, empathiques, qui ont le sens de l'excellence et des valeurs morales fortes, pour les éloigner de postes de pouvoir. 

 

Cela s'amplifie bien sûr quand d'autres différences viennent se superposer.

 

Pourquoi ? Si vous accédez au pouvoir, vous risquez d'installer une vraie politique de diversité, écologique, une véritable éthique dans les produits que vous vendez, des processus intelligents qui rendent visibles les pervers narcissiques en puissance qui ne font rien. Et cela, on n'en veut pas. Le "on" est bien sûr nous tous, c'est notre faux-self collectif. Tout étant connecté, désigner un groupe d'individus serait rassurant mais sans logique.

 

Des valeurs très anciennes, que nous pensons déconstruites depuis longtemps, sont encore en nous pour nous dire : "tu n'es qu'une vulgaire personne différente, tu n'es pas de la Cour du Roi, quelques soient tes résultats, tu ne dois pas être visible".

Ces valeurs sont habillées avec les habits du moment, et ce sont vos amis, vos proches, les influencers sur les réseaux sociaux des GAFAM, qui par des petites remarques ou autres culpabilisations, souvent avec le côté social en apparence, vous disent de vous limiter.

Ils ne s'en rendent pas compte. Ce sont des réflexes issus de l'éducation. Ne soyez pas dupe, derrière tous ces petits pics apparemment "sociaux", "contres les riches", "contre le pouvoir", "contre l'arrogance", c'est le Roi habillé en écologiste cool qui ne veut pas que vous fassiez partie des clubs parisiens (ex : "il faut quitter paris...se mettre au vert" : alors, qui décidez-vous de laisser sur Paris ?)

  

Quelques exemples de ces injonctions qui ont comme résultat l'inverse de ce que vous souhaitez : 

  • "Je dois penser à mes enfants, je ne peux pas accepter ce poste qui me plaît vraiment mais qui prend du temps". Résultat : les enfants reçoivent l'exemple de se limiter en tant que parent. Et qui aura le poste à la place ? Impact sur toutes les familles, ainsi que les clients finaux et leurs familles, de cette personne à votre place ? Autorisation à se donner : limiter le temps de travail et faire de cela un exemple. 
  • "l'autre souffre, je dois renoncer à mon intégrité pour l'aider (sauveur en analyse transactionnelle)" Résultat : vous donnez l'exemple du renoncement à votre intégrité...pour aider une personne dont l'intégrité n'a pas été respectée
  • "Je ne peux pas licencier cette personne, même si les résultats ne sont pas là". Résultat : une autre start-up émergera à votre place, peut être pas avec la même éthique que celle que vous vouliez donner à votre entreprise
  • "je dois aider concrètement, mettre les mains dans le cambouis, les postes au Comex sont hors sols" Résultat : la personne qui sera à votre place...

Ici je force le trait. Même si vous n'êtes pas dans ces contradictions, nous avons tous quelque chose en nous qui est dans des contradictions similaires. Tous les jours, notamment via les médias, on nous demande d'être dans ces contradictions. 

 

Ce n'est pas uniquement une inversion des valeurs au sens de Nietzsche, c'est aussi une société de dictature des émotions qui nous met le nez dans le guidon, sans prendre en compte les envers des décors, et toute la dimension systémique d'une problématique. Les images, les évidences ne suffisent pas à expliquer toute la réalité. 

 

Ainsi, gardez votre morale, votre sens de l'altruisme, de l'équité, de la bienveillance, elle constitue votre force. Mais interprétez la (aussi) à un niveau systémique, en prenant en compte les notions de congruence et de conséquences secondes, troisièmes, et surtout non visibles par l'émotion, de vos choix.

 

Cette culpabilisation à la sécurité, la beauté, la fluidité, la justesse, l'efficacité, la pertinence, à l'individualité, valeurs sans lesquelles un vrai collectif ne peut exister, constitue la partie la plus redoutable de ce faux-self qui vous empêche de donner à vos valeurs d'humilité, de transparence, d'équilibre, de diversité, d'altruisme et d'amour le vrai impact qu'elles méritent.

 

Matthieu, existerait-il une solution simple pour identifier une fausse morale ?

 

Merci pour la question. J'écrivais plus haut qu'il n'y a aucune liste de choix "faux-self".

Parmi d'autres, quelques hypothèses de solutions :

  • La non congruence : la différence très révélatrice entre ce que cette morale vous dit et la manière dont le ou la représentant.e de cette morale s'exprime (interne à vous, ou personnalité extérieure) vous le dit. 
  • Ce que votre corps ressent, sans rationalisation, en accueillant sans réserve (et c'est tout un travail) ce que vous ressentez, lorsque ce dialogue interne / externe se déploie
  • L'utilisation de votre capacité d'analyse : avez-vous pris tous les éléments en compte pour évaluer un rapport bénéfice / risque ? Est-ce qu'il y a un risque ou un bénéfice qu'une partie de vous ne veut pas voir ? Une interdiction "par principe" 
  • Cette injonction utilise-t-elle votre dimension créative, futuriste, et à la fois empathique orientée solution, ou votre parent intérieur ? 
  • Cette injonction respecte-t-elle la Loi qui nous unit tous, ou utilise-t-elle l'éthique comme excuse pour enfreindre la Loi ou y participer implicitement ? 
  • Cette injonction vous respecte-t-elle en tant que personne avec ses besoins spécifiques, ou trouve-t-elle les plus belles excuses pour ne pas vous respecter ? 
  • Ecouter les mots de cette morale et le non verbal de cette morale. Elle dévoile bien de  ce qu'elle est que ses longues démonstrations.

Matthieuces deux faux-selfs sont-ils vraiment distincts ?

 

Bien sûr que non, c'était pour schématiser. Quand vous renoncez à dire NON au harcèlement d'un N+1, il y a souvent en même temps : 

  • L'écho de la relation avec votre mère, votre trauma qui se rejoue (le faux-self d'Alice Miller)
  • La morale française qui nous dit de ne pas dénoncer certaines choses, dans certains milieux.

Les traumas pendant l'enfance, d'ailleurs, sont eux-mêmes intrinsèquement liés à cette époque de la philosophie de la déconstruction, où il ne fallait qu'aucune tête ne dépasse. C'est pour cela que concernant les enfants surdoués, à l'époque, on a balayé du revers de la main toute une dimension de leur être. 

 

Et s'ils n'ont pas travaillé cela avec un des rares psy ou coach vraiment capables d'entendre la douance se déployer en séance, s'exprimer librement, alors cela se rejoue au travail.

 

Matthieu, vous venez d'exposer ce fameux conflit entre (A) "l'élan de liberté", et (B) le "oui mais je dois m'adapter", et de souligner deux niveaux de faux-self liés à (B). Maintenant comment dépasser ce conflit intérieur qui m'empêche de m'envoler ? 

 

En réalité, le conflit intérieur peut concerner bien plus de parties de soi (Jung). J'ai ici simplifié le débat simplement dans l'intention de vous en faire sentir un peu de l'essence. Dans beaucoup de séances de coaching, il y a la Sagesse qui émerge, et qui aimerait dire quelque chose, et tant d'autres.

 

Reconnaître ce conflit intérieur est déjà une étape. C'est reconnaître que la limitation qui vous empêche d'atteindre vos objectifs est au moins en partie intérieure. C'est renoncer au réflexe de la victimisation et faire face au vrai sujet.

 

Pensez à votre problématique, amoureuse, personnelle, ou professionnelle, et reprenons la métaphore de la Ferrari : vous sentez la puissance du moteur, mais le frein est serré. 

 

La solution peut être de renoncer à continuer de tenter d'accélérer. Car c'est à chaque fois que vous accélérez que le frein se met en place. 

 

Et si vous renoncez à accélérer, la voiture s'arrête. 

 

Et alors vous vous souvenez de tout. Car l'espace d'un clignement de paupière, vous aviez oublié quelque chose. Mais ça y est, tout revient. Vous vous rappelez qui vous êtes vraiment. Tout devient évident, apaisé. Comme sur cette image, tout devient clair, vous sortez de la brume. 

 

Ce n'était qu'une voiture autonome qui devait vous amener là. C'est pour cela que l'accélérateur ne marchait pas. Cela faisait partie du process : pendant ce trajet en voiture, vous aviez besoin d'oublier qui vous êtes pour que le cerveau se prépare au voyage pour le mieux. 

 

La voiture s'est arrêtée. Vous posez le pied au sol sur une surface de béton brut et tranquille. Là bas, des forêts s'étendent sur des kilomètres. Il y a une fusée pointée vers le bleu immatériel du ciel. Et il y a en vous cette excitation face à l'exploration prochaine de l'infini.

 

Ce moment où vous montez dans la fusée a toujours été là, comme une seconde d'éternité. Cette fusée n'est pas un pic qui va aller à l'assaut du ciel à grand renfort d'énergie. C'est aussi une bulle qui va laisser l'espace temps se distordre autour d'elle, qui va se glisser dans l'espace.

 

Vous faites ces derniers pas avant d'explorer l'infini. Et en flashback, vous vous souvenez de vos premiers pas, vous vous souvenez que cela aurait été vain d'être assertif à quatre pattes, le sujet était de se lever.  Dans quelque minutes l'assertivité consistera à comprendre les étoiles et des millions de civilisations inconnues. 

 

Et parce que vous n'attendiez personne, vous vous rendez compte qu'il y a du monde, beaucoup de monde autour de vous. Chacun se pensait seul à vouloir se désenclaver d'une situation qui l'enfermait, pour se tourner vers le futur et construire collectivement le monde de demain.

  

Matthieu, pour reprendre la métaphore, il s'agit donc de laisser tomber la voiture, pour prendre la fusée ! Et alors, toutes les ressources contenues dans la voiture, on les laisse tomber ?

 

Non, je l'écrivais plus haut, le faux-self (le frein) n'est ou n'a pas été une erreur de votre vie ! Si cela a pris place, c'est que c'était essentiel pour vous, comme un socle solide qui permet au vrai self, le moment venu, de se construire dans de bonnes conditions.

 

Dans cette métaphore, vous n'abandonnez pas la voiture, son frein et son accélérateur, vous les réinterprétez. Vous prenez conscience du système global fusée-voiture autonome-centre de contrôle de la fusée et de la voiture. Et vos ressources, construites au fil du temps, se trouvent en réalité dans ce système. 

 

Le frein (et toutes les capacités positives qui se trouvent dans son mécanisme), il n'était pas dans la voiture, il était dans l'IA qui commandait ce frein pour guider la voiture vers la fusée. 

 

Vous gardez toutes vos ressources, et même tout le positif qu'il y a derrière les croyances limitantes. Vous réinterprétez simplement tout cela dans un système plus large. Vous utilisez votre imaginaire immense, votre capacité à voir les choses différemment, pour réinterpréter la "zone problème" en espace solutions.

 

Et voir l'espace problème dans sa globalité va amener un changement de croyances, dont celles évoquées plus haut. 

 

Matthieu, ce que vous demandez est immense ! Concernant certaines croyances, ce sont des générations dont il faut s'émanciper. Il faut laisser tomber l'assertivité si je ne suis pas prêt.e à changer de croyances ? 

 

Bien sûr que non. Tout est connecté en nous : vision - identité - valeurs - capacités - comportements - contexte.

 

En modifiant l'un, vous changez les autres. Souvent, tout se modifie plus ou moins en même temps. 

 

Tout cela pour vous dire que vous pouvez, aussi, expérimenter l'assertivité là où vous êtes, sans rien changer de votre vie, et le fait même d'être une personne assertive vous fera vivre des choses...qui modifieront vos croyances.

 

Exemple : "En cadrant la réunion comme cela (comportement), je pensais que je n'allais pas être appréciée. J'étais un peu contre mes valeurs, j'étais dans du comportementalisme bête et méchant. Et j'ai été super étonnée de voir à la fin que les gens avaient adoré. C'est mon hésitation qui les agaçait, pas ma confiance (nouvelle croyance). Ok, je retente la prochaine fois."

 

Maintenant que nous avons exploré un peu de l'essence qui se trouve derrière différents enjeux apparemment distincts d'assertivité, passons au sujet tout aussi important de l'assertivité elle-même. 

 

C'est parti ! 

 

Matthieu, alors pour commencer, comment se définit l'assertivité ? 

 

Le comportement assertif est la qualité d'exprimer ses opinions sans entamer les droits d'autrui.

 

Cette qualité implique le refus :

  • De l'agression,
  • De la soumission,
  • Et de la manipulation.

Formulé positivement, l'assertivité consiste simplement à avoir une manière claire, directe, honnête, équilibrée et raisonnable d'exprimer ses pensées et sentiments dans le respect de soi et des autres, sans passivité, sans agressivité.

 

L'assertivité implique d'être OK / OK dans la relation à l'Autre selon l'Analyse Transactionnelle.

 

Je ne parle pas de cette fausse assertivité du développement personnel, où il y a manipulation. Je parle de l'art d'être en évidence dans la relation à l'autre, ce qui implique l'acceptation de l'ambiguïté, et tout un jeu d'équilibre : 

  • Oui se poser la question des besoins des autres, mais pas trop
  • Oui être authentique, mais aussi avoir un rôle
  • Dire les choses, mais ce n'est pas de la manipulation d'y mettre les formes !
  • L'autre n'est ni génial, ni nul : je prends le temps de percevoir ses ombres et lumières   

La relation sans jeux cachés (on n'est pas là pour démontrer quelque chose, on ne projette rien sur l'autre, on est là sans trop d'attente, on est OK et l'autre est OK) implique : 

  • La liberté (de dire non, de dire oui, d'exprimer ses idées)
  • La spontanéité (c'est la difficulté à réagir à des situations imprévues et surprenantes qui révèlent que l'on gagne à être plus libre dans la relation)
  • Le cadre et l'intention sont clairs, et il y a un congruence entre ce que l'on dit et ce que l'on sous-entend par le non verbal

Matthieu, comment s'explique cette confusion entre empathie empreinte de faux-self et véritable assertivité chez une partie des personnes sensibles et douées ? 

 

Pour résumer, il y a une tendance plus ou moins forte chez les hauts potentiel, à tous les niveaux professionnels, à avoir une communication qui est perçue comme de l'agression ou de la soumission car : 

  • Ce qui est dit est vrai, parfois très (trop) puissant, pertinent, juste
  • Mais c'est dit en dehors de la juste place, du cadre (dans le cadre de référence de l'Autre)
  • Et l'autre ne l'a pas demandé ! 

 

Avez-vous quelques exemples réels ? 

 

Situation 1 (basé sur un témoignage, prénoms et autres éléments modifiés pour l'anonymat)

 

Valérie, détectées HPI, est extravertie. Son collègue, Paul, a beaucoup de bonnes idées. Sauf que sa timidité le bloque à partager ses idées en réunion d’équipe. Valérie trouve que c'est une perte pour l'équipe mais aussi pour sa confiance en lui.

 

Un jour, en pause café d'une de ces réunions, Paul fait part d'une idée assez géniale à Valérie. De retour en réunion, alors que Valérie animait le débat, elle se tourne vers Paul et suggère « à ce sujet Paul a une brillante idée et il serait intéressant qu’il nous la partage à tous ». L'intention était de l'inviter à prendre la parole, de lui donner la visibilité qu'il mérite ! Valérie se trouve empathique et assertive. 

 

Avec son coach, Valérie découvre qu'elle s'est mise en posture de sauveur, et qu'il ne s'agissait pas d'assertivité.

 

Car, prenons du recul : Paul a-t-il demandé à être sauvé : non ! At-t-il envie d'être valorisé et que ses idées soient reconnues ? Non, il ne l'a pas demandé. Peut être qu'au contraire il se sent très à l'aise en second, à souffler à l'oreille de l'animateur, qui elle est plus à l'aise pour traduire cette idée, la formuler en des termes simples.

 

 

Situation 2 (copier-coller d'un témoignage reçu par email avec autorisation de le partager)

 

Pour information, cette situation revient assez souvent dans les organisations.

 

"je suis en réunion d’équipe avec un intervenant du top management qui nous fait une présentation. Parmi l’assistance se trouve ma N+2. Or durant l’élocution de la personne du top management, celui-ci s’adresse beaucoup à moi, pose beaucoup le regard dans ma direction, comme s’il ne s’adressait qu’à moi et me conférait une certaine autorité. Ce que remarque notamment ma N+2, et lui génère un malaise car elle se sent écartée dans son rôle hiérarchique. Elle se lève alors pour se tenir debout juste à mes côtés, de sorte à capter l’attention de l’intervenant. Ayant perçu ce malaise, j’ai par plusieurs fois regardé dans la direction des autres participants, de manière à inviter l’intervenant à prendre en compte le regard des autres, et surtout celui de ma N+2. J’ai adopté également dans ma posture une position plus de recul sur ma chaise, afin de m’effacer légèrement pour céder la place à ma N+2, lui donner de manière implicite plus d’importance. Ce qui a marché et dès lors l’intervenant s’adressait beaucoup plus à elle. Je l’ai fait en toute assertivité, pour me mettre à sa place. 

 

Hypothèse du coach : ce n’est toujours pas de l’assertivité, mais de l’empathie. Tu as ressenti la gêne de ta N+2, mais en aucun cas tu ne t’es mise à la place de l’intervenant. Tu es rentrée dans le syndrome de l’imposteur, car tu considérais que les égards de cet intervenant devaient s’orienter vers ta N+2, et non vers toi, que tu ne les méritais pas…"

Conclusion et ouverture

 

Un premier message clé que je voulais faire passer est que dans l'état actuel de mes réflexions  et de mon expérience, les enjeux des personnes sensibles et douées sont bien sûr tous différents, mais avec une texture commune.

 

Dans son essence, le concept de plafond de verre est là, aussi bien pour des personnes très heureuses de leur carrière que dans toutes les autres situations.

 

Ce plafond de verre, c'est ce "oui mais" face à la possibilité de s'autoriser à exister enfin. 

 

"oui mais, je ne peux pas faire ça (...), ça ne se fait pas (...), je ne veux pas déranger (...), je ne veux pas paraître (...), je ne suis pas légitime pour (...)". 

  

Ce "oui mais" vous demande un excès de soumission ou d'attaque, un excès de morale (le plus souvent) ou parfois d'immoralité, un excès de sauvetage ou de persécution (crier contre les incompétents).

 

Ce "oui mais", une partie seulement vient de votre histoire. Une grande partie vient de l'Histoire elle-même qui a été la cause des traumatismes conscients ou non conscients de votre histoire. 

 

Ce "oui mais", c'est la peur de vous faire suffisamment confiance pour innover, changer de paradigme, oser l'aventure d'exister, de dépasser vos déterminismes, de vous orienter vers le futur. 

 

Cette réticence à vous affirmer, à penser que vous méritez de réussir, à penser à vous, c'est ce qui fait votre plus belle richesse. C'est ce qui fait que je vous accompagne en coaching en y trouvant du sens.

 

Mais cette morale que vous avez, qu'il convient de garder absolument, il ne faudrait pas que cette même morale annihile tout son impact, il ne faudrait pas qu'elle soit du pain béni pour tous les petits prédateurs qui en profitent. Car non, l'Homme n'est pas bon par essence.

 

La plupart qui me lisez, vous êtes à un moment de votre vie où il s'agit de créer votre école de pensée, votre approche de votre secteur d'activité, votre définition de ce qu'est une personne dirigeante, plutôt que de faire mille formations pour être légitime par rapport aux écoles de l'ancien monde.

 

Bien à vous

Matthieu Lassagne

 

Coach certifié PCC par l'ICF, Superviseur certifié par ID SUP

Ingénieur / mastère HEC de formations initiales

Président de Coaching & Douance, "lâcher prise pour laisser sa carrière s'envoler, et son entreprise se développer"

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Commentaires: 3
  • #1

    Combres Carol. (mardi, 12 janvier 2021 15:10)

    Bravo, votre texte fait sens pour moi. On ne peut pas tout comprendre. Mais je sais une chose. Vous serez une aide précieuse avec votre propre esprit et belle conscience. Merci Matthieu. Pour moi, je vais faire mon école de ma réussite. Plus , je lis et rencontre de belles personnes. Je sais que je vais continuer à vous soutenir. Et si besoin, un jour sans le savoir je serais utile. Mais peu importe le réseau est là pour nous assembler suivant les couches de notre esprit voyageur.

  • #2

    Krys Bora (mercredi, 13 janvier 2021 14:54)

    Magnifique de justesse et de d'analyse. Et assez poignant (se reconnaître autant dans certains paragraphes est aussi douloureux...). Merci !

  • #3

    Magnac christine (jeudi, 14 janvier 2021 17:49)

    Très belle analyse sur ce oui mais... sur fond de valeurs morales, religieuses, familiales... et j'en passe!
    "oui mais, je ne peux pas faire ça (...), ça ne se fait pas (...), je ne veux pas déranger (...), je ne veux pas paraître (...), je ne suis pas légitime pour (...)".
    En oubliant bien souvent que si on ne sent pas légitime alors que très souvent nous le sommes, on laisse la place à d'autres qui ne sont, la plupart du temps, ni plus compétents, ni meilleurs mais qui ne s'embarrassent(peut être n'y pensent-ils même pas!) pas avec de telles interrogations.
    C'est bien parce que certains ont osé douter et surtout se faire entendre que nous avons pu lutter contre les fausses certitudes (non, ils n'étaient pas fous ceux qui pensaient que la terre était ronde ...malgré les certitudes de la majorité des bien-pensants de l'époque concernant notre bonne vieille galette toute plate!!!�)
    Toute la difficulté réside dans ce paradoxe décrit par Aristote : L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit. Alors essayons d'être sage pour voir plus loin, plus large et plus global!
    Et surtout, mettons nous en situation de pouvoir agir...tant pis si le doute s'immisce dans nos réflexions, il ne doit empêcher ni savoir faire, ni faire savoir ! (quoi, quoi quoi... quel manque d'humilité me dit mon faux self!!! ��)