Les personnes intuitives, multipotentialistes, surdouées, et la question de devenir coach

Matthieu, bonjour, pour commencer, pourquoi cet article ?

 

Nous habitons un espace de transition avant Septembre. Un espace où parfois, il y a un peu plus de temps pour prendre du recul, laisser le quotidien s’éloigner, et se centrer sur soi, ses désirs profonds, son avenir. 🦋

 

La question suivante se pose souvent : après une vie professionnelle pour faire, au fond, ce que les autres attendaient de moi, avec ce sentiment de décalage indicible et étrange, ce manque de sens, ce manque de stimulation, de motivation, comment m'envoler enfin ?  👀

Comment devenir moi-même et pas, encore une fois, faire ce que les autres attendent de moi ? 

 

Dans cet article, je vais parler du coaching. Mais j'aurais pu parler de la Supply Chain, du Conseil en Stratégie ou du métier de Directeur Général, Secrétaire Général, Président, responsable Innovation ou Communication, ou des métiers des RH, ou encore du métier que vous allez inventer ou transformer...

 

A chaque personne haut potentiel son métier. Et aucun métier ne fait plus sens qu'un autre (ou n'a une empreinte écologique supérieure à un autre) étant donné que tout est connecté ! Par contre, certains métiers sont plus alignés avec votre essence que d'autres ! Et le sens émerge de cet alignement.

 

" Après une vie professionnelle pour faire, au fond, ce que les autres attendaient de moi, avec ce sentiment de décalage, ce manque de sens, ce manque de stimulation, de motivation, comment m'envoler enfin ? "

 

Ce qu'il y a d'intéressant dans le métier de coach, c'est que ce métier demande des compétences elles-mêmes essentielles dans de nombreux métiers qui conviennent aux personnes intuitives et douées : 

  • La recherche d'une qualité d'alliance avec l'Autre qui fait émerger les nouvelles idées
  • La créativité qui donne des résultats
  • Demande des fortes capacités d'analyse et de synthèse et de réactivité
  • Demande d'écouter son intuition, de sentir les signaux faibles et les enjeux humains

Ainsi, il y a une lecture à deux niveaux possible de mon article : "devenir coach ?" / "Devenir" (identité professionnelle). C'est un article sur le coaching en premier lieu, bien sûr, et en même temps sur la reconversion au sens large sur tous les métiers qui contiennent en partie les 4 compétences décrites ci-dessus.

 

Cet article est un essai, une impression à un moment donné, simplement pour vous inspirer. Ne prenez que ce qui vous parle ou fait vibrer quelque chose en vous.

 

Matthieu, pourriez-vous nous donner quelques exemples de personnes concernées par votre article ? 

 

Devenir coach, ce sujet concerne par exemple :

  • Les coachs déjà en activité mais qui n’ont pas encore goûté à la puissance du coaching qui s’appuie pleinement sur les ressources du haut potentiel ou de la personne intuitive
  • Les personnes qui se posent la question de passer de leur métier actuel (cadre en entreprise, consultant, DRH, dirigeant...) au coaching
  • Les personnes en cours de formation et de reconversion vers le coaching

Pouvez-vous nous faire rappel rapide de ce qu'est la douance, pour celles et ceux qui ne connaissent pas ? 

 

La douance, ou le haut potentiel, c'est ce vécu si intense, ces intuitions fulgurantes, cette capacité à sentir les choses qui va au-delà de la sensibilité et de l'empathie, cette pensée si rapide et pertinente, cette imagination immense. Tout cela n'est pas forcément conscient. Et tout cela donne une pensée décalée en apparence qui saisit en réalité avec efficacité la vraie nature profonde d'une problématique. 

 

" La douance, ou le haut potentiel, c'est ce vécu si intense, ces intuitions fulgurantes, cette capacité à sentir les choses qui va au-delà de la sensibilité et de l'empathie "

 

La douance, à la base, est POSITIVE 😊 à l'instar de tous les traits de personnalité. 

 

Simplement parfois, vous êtes dans la méconnaissance de la puissance de ce que vous dites, de votre rapidité, de vos intuitions, et de votre efficacité. Et compte tenu de votre capacité à douter et de votre humilité, vous allez rarement vous dire "ah, c'est parce que je suis surdoué "😂 Non, ce sera souvent "J'ai un problème" ! ou avec des nuances "Je ne comprends pas pourquoi ils ne voient pas ces évidences...ce doit être moi !" 

 

 

Là se trouvent tous les malentendus des hauts potentiels avec le monde du travail, car il y a : 

 

Un décalage entre :

 

La place que vous occupez (sur la base de vos croyances sur vous-mêmes)

ce qui inclut : la manière dont vous parlez de vous (communication)

 

/ et votre puissance 🔥🔥

 

Et si je devais le résumer en une phrase, la prise de conscience de la réalité en terme d'impact en situation professionnelle de votre haut potentiel, cela va permettre : 

 

🌈 De réaligner votre place + votre communication sur votre puissance,

pour la sécurité psychologique de chacun et une liberté retrouvée pour chacun

  

Et cet alignement va en amener un second : l'alignement entre qui vous êtes vraiment (vous, pas votre ombre), et vos activités.

 

Sécurité psychologique* : c'est être là où l'Autre vous attend. Par exemple, c 'est postuler au bon niveau (quitte à aller à l'international), et ainsi ne plus avoir le N+1 qui prend peur. C'est s'affirmer là où l'on est, dans sa famille comme au travail, sans plus vouloir sauver, sans plus d'humilité ni d'arrogance (les deux sont toujours au fond simultanés), pour que les choses soient claires pour tous et que chacun devienne Adulte. En sauvant en permanence, en vivant dans l'excès d'humilité et de gentillesse, derrière les apparence, sans le vouloir, vous pensez à vous et vous mettez les autres en insécurité.

 

Et ce décalage entre la place que la personne haut potentiel occupe, et sa puissance, vous le retrouvez chez les hauts potentiels coachs certifiés également ?

 

Oui, souvent, et cela même chez des personnes qui ont 20 ans de développement personnel de haut niveau, car la douance est un domaine à part entière. Quand on ne connaît pas les clés spécifiques aux portes qui ouvrent sur les possibles qui s'appuient sur les ressources de son haut potentiel, on ne peut ouvrir ces portes. Penser qu'avec Jung, avec la systémique, ou toute autre domaine, on inclut automatiquement les personnes haut potentiel, est selon moi une illusion. On passe en réalité totalement à côté de leurs vrais enjeux. C'est une vraie spécialité, au même titre que la personne TDAH, Asperger, pourra bien sûr bénéficier de la systémique, la gestalt, Jung, etc...mais c'est un psy spécialisé TDAH ou Asperger qui l'aidera vraiment, et des livres et blogs sur le TDAH et l'Asperger.

 

Beaucoup de coachs et superviseurs hauts potentiels sont d'une excellence et d'une finesse d'analyse qu'ils ignorent, mais ils ne sont pas à la juste place, et donc pas là où cette excellence peut se voir et s'exprimer. Ils s'enferment dans des outils, travaillent avec des collègues pas à leur niveau et avec des entreprises pas à leur niveau non plus, et tout cela dans le cadre d'une vie personnelle enfermante qui au fond ne leur convient pas. Et cela avec un chiffre d'affaire sur le papier qui peut être tout à fait convenable.

 

Ils peuvent être très heureux en apparence, mais la joie (qu'il convient d'apprécier bien sûr) constitue (parfois) tout autant un point d'attention que les 3 autres émotions dites négatives. Il y a cette excitation chez beaucoup de coachs et de responsables RH ou innovation hyper positifs qui m'évoquent le traumatisme, l'insécurité. Un peu comme dans un groupe thérapeutique où tout le monde rigole, où les idées fusent, comme pour couvrir quelque chose,  comme pour se protéger d'une vraie relation à l'autre et à soi (c'est une hypothèse très subjective que je partage là). Faire silence, laisser le vide s'installer, ce même vide qui fait écho, parfois, au vide en soi (ce que l'on a pas eu), parfois à ce profond sentiment de n'être pas désiré car on ne l'a pas été, et à ce sentiment qu'au fond on est personne, ...ce serait insupportable (hypothèse) ! Mais atteindre cette vérité émotionnelle est le début de quelque chose d'autre.

 

La beauté, la justesse, la sérénité, la légèreté et la liberté sont des au-delàs des émotions positives ou négatives, qui signifient qu'il y a eu vraiment résolution de tensions internes, émancipation de son histoire et connexion à son âme.

 

Oui ils peuvent être heureux, ou se le faire croire, mais toujours avec ce masque, en passant un peu à côté de la rencontre avec leurs vies. Quand ils osent s'aligner avec qui ils sont vraiment, c'est une autre intensité, un autre voyage ! C'est les opportunités qui arrivent toutes seules, la fin du travail et le début du déploiement de sa vision. C'est encore une autre chiffre d'affaire, un autre réseau...

 

Vous allez me répondre que ce serait trop schématique, mais s'il vous plaît, si vous nous faisiez un liste des sujets à travailler chez les autres potentiels, notamment les coachs, ce serait lesquels ? 

 

Ce qui est passionnant, (rappel : ce n'est que ma perception) c'est qu'à tous les niveaux de développement personnel, de l'entrepreneur qui se perçoit en difficulté à la personnalité publique épanouie (c'est rarement le cas...) qui ne ressent le besoin que d'ajustements, l'essence des enjeux reste le même, même s'ils sont à un niveau différent : 

  • La juste place à se trouver dans ses relations, sa communication, sa place parmi les autres, ses activités...et l'absence des autres comme soi, l'absence de cette juste place ("mais où trouver une entreprise qui me comprenne ?") se trouve dans la résistance à s'y laisser glisser (demande de lâcher une emprise réelle ou symbolique, intérieure ou extérieure)
  • Le sentiment d'illégitimité et d'imposture (plus rarement : de supériorité), à transformer en cette simplicité et tranquillité d'être soi 
  • L'acceptation des émotions (pas la gestion), et leur utilisation stratégique
  • Le dépassement de la posture de sauveur et de cette humilité mal placée qui sabote la communication
  • Arrêter de rejouer ses blessures en sabotent sa carrière (introjection du "tu n'as pas le droit d'exister"), mais au contraire lâcher sa carrière pour la laisser s'envoler
  • Sortir de l'emprise de choix enfermant qui ont étés faits pour s'interdire d'exister
  • Développer une éthique systémique émancipée des réflexes émotionnels et de pensée
  • L'écoute et le développement de l'intuition
  • La fin de la procrastination grâce à des objectifs enfin motivants et qui permettent de devenir soi-même
  • ...

 

Tous ces objectifs sont connectés, et sont les différentes facette d'une même essence à retrouver. Le choix de s'autoriser à exister vraiment.

 

Un axe de travail majeur pour atteindre ces objectifs, c'est bien sûr la conscientisation de son haut potentiel (et/ou autre spécificités).

 

 

Justement, pouvez-vous nous synthétiser à nouveau pourquoi c'est si difficile de se reconnaître haut potentiel quand on l'est vraiment, alors que par ailleurs c'est devenu une mode, comble du paradoxe... 

 

Le sujet de la personne haut potentiel, c'est souvent cela : la non conscientisation.

Le "c'est pas moi, jamais je n'aurais l'arrogance de me décrire surdoué !". Pourquoi cette non conscience de sa douane :

  • L'intuition, composante forte de la douance, est transparente, elle ne se voit pas, les résultats qu'elle produit semblent venus de l'extérieur ("c'est un coup de chance"; "c'est pas moi, c'est mon équipe", etc)
  • La capacité à douter qui amène à ne pas reconnaître quand un résultat vient de soi, et à considérer automatiquement l'argument de l'autre supérieur au sien
  • A cause de tous les malentendus entretenus autour de la douance : non ce n'est pas de la souffrance, non les groupes qui se disent "surdoués" sur Facebook ne sont pas représentatifs, et non, la douance, ce n'est pas réussir à l'école ou avoir l'air rapide, et non encore, ce n'est pas être plus intelligent; l'intelligence, c'est s'émanciper de sa programmation originelle pour devenir soi-même, que l'on soit surdoué ou d'autres traits de personnalité 

Or, même si chacun reste singulier, prendre en compte ce fonctionnement est indispensable pour que vous puissiez laisser émerger les vraies questions, les évidences, les solutions, au sujet de votre identité professionnelle.

 

Mieux se connaître, ce serait un préalable pour devenir coach ? 

 

Oui, pour devenir coach, peut être est-ce là justement la première étape, essentielle, parfois pas facile : accueillir (ou accueillir à nouveau et vraiment) sa douance dans toute son ampleur, sa fulgurance, sa réalité (non, ce n'est pas une diversité cognitive comme une autre, c'est terriblement profond) et l'assumer en toute tranquillité et sérénité et comprendre les besoins / les talents qui en découlent.

 

En reconnaissant votre douane (et/ou vos autres singularités : hypersensibilité qui a des points communs, asperger...), quand vous aurez un client haut potentiel en face de vous, vous le laisserez pleinement accueillir sa propre douance. Et quand vous aurez un client qui n'est pas haut potentiel ? De même, vous accepterez sa différence parce que vous avez accepté la votre.

 

 

Reconnaître sa douance, est-ce un peu l'égoïsme du développement personnel de notre époque ? 

 

Il y a une nuance entre individualisme et individuation. Reconnaître sa douance, et donc, remettre à jour son histoire de vie avec ce nouvel angle de vue, mais aussi se réapproprier une partie laissée dans l'ombre de son identité, cela fait partie du processus d'individuation.

 

S'approprier sa douance, avec humilité, au fond du fond, c'est symboliquement s'approprier une ressource qui se trouve dans l'inconnu (car dans l'ombre), c'est donc l'acceptation de quelque chose d'extérieur à soi. Symboliquement, l'extérieur étant l'Autre, cela modélise la communication, la création du lien avec l'Autre. C'est donc une étape de réconciliation avec le monde, qui n'est autre que tous les Autres, ce qui va permettre de trouver la juste place en ce monde.

Matthieu, pour commencer, comment ne pas se tromper sur son identité professionnelle ? 

 

Nous pourrions écrire un livre sur le sujet. 😊

 

La question n'est pas tellement quel métier choisir, car c'est une question infantile par essence. C'est la question qui permet de ne pas trouver la réponse. 😂

 

La question est : quel nouveau métier créer ! Vous êtes tous des chefs d'entreprise : que vous conduisiez votre propre "entreprise de carrière" en étant juridiquement salarié, que vous soyez indépendant (éventuellement coach) ou dirigeant. Mais vous en aviez peut être pas conscience. 

 

Dans toutes les situations, même en tant que salarié en middle management, il y a la question de créer sa marque, son style à soi, dans sa manière de travailler, dans sa manière de faire du réseau, dans son rapport à l'autre; La marque se déclinera aussi sur les réseaux sociaux, essentiels aujourd'hui.

Tout cela va demander de sortir de l'emprise de ses croyances.

 

Dans toutes les situations se trouvent également la question de se repositionner sur sa zone d'excellence, et en même temps là où il y a de la demande ! 

Impossible ? Non, la créativité, si on se l'autorise, rend bien des choses compatibles.

 

Donc, la question n'est pas "je veux trouver ce qui me convient" (posture de client / enfant), mais "je vais prendre le risque de créer ce qui est aligné avec moi et le décliner en fonction des besoins conscients ou non conscients (posture d'entrepreneur / adulte).

 

Sur le marché, il y a beaucoup plus un manque d'écoute de l'Autre, c'est à dire un manque d'offre, qu'un manque de demande. Même chez les hauts potentiels, écouter l'Autre est un sujet. Ecouter c'est écouter ce qui est dit ET ce qui n'est pas dit, caché, pas assumé, ce qui n'apparaîtra JAMAIS sur Facebook, dans les sondages, dans les études de marché.

 

Tout ce paragraphe peut se condenser ainsi : "je vais prendre le prendre le risque de m'autoriser à exister et à libérer ma pleine puissance, et en reflet systémique, l'autre sera écouté et donc sera un Client."  

 

Donc devenir coach ou non n'est pas la question ! Tout comme devenir DG ou non n'est pas la question non plus. La question sera : une fois mon essence trouvée (si j'étais une peinture d'art abstrait, je serais quoi : quelles nuances, couleurs, vibrations) est-ce que le coaching pourrait faire plus ou moins partie des activités qui se déclineront de cette essence ?

 

Et parfois, le coaching stratégique et systémique en entreprise pourra être la seule activité qui se déclinera de cette essence. Mais ce sera toujours un coaching avec cette essence singulière, et donc unique. 

 

Et trouver cette essence, préalable essentiel, va demander un vrai travail sur soi en thérapie, en coaching d'identité professionnelle, éventuellement en psychanalyse spécialisée hauts potentiels. Ce qui tombe bien : le travail sur soi est essentiel pour devenir coach. Etre coach, c'est d'abord être passionné par le développement personnel.

Pour les personnes qui pensent que le coaching est une vocation, vous leur conseillez de tester d'abord ? Est-ce possible ?

 

Valable pour tous les autres métiers qui feraient partie des hypothèses de reconversion ! (au moins, imprégnation / enquêtes métiers..., si essayer n'est pas autorisé ou éthique).

 

Si le travail sur vous au préalable a été suffisant, avant même l'école de coaching, il peut être intéressant de commencer dès à présent à proposer du coaching, si possible payant pour ne pas fausser la relation (quitte à ce que le prix soit abordable), en étant transparent sur le fait que vous n'êtes pas formé et certifié, et sans aller sur les aspects trop personnels, en restant sur le professionnel (en co-responsabilité avec votre client conscient qu'il devra laisser dans l'ombre certains sujets, et que vous êtes débutant).

 

Ce peut être ce que vous faisiez tout simplement déjà (lorsque vous vous mettiez naturellement en posture coach sans le savoir dans vos activités précédentes), mais de manière un peu plus officielle.

Par exemple, au travail, vous pouvez organiser un atelier collectif pour trouver des solutions ensemble. Vous trouverez la solution pour rester prudent et éthique et à la fois vous lancer (car à un moment, il faut bien se lancer 😊).

 

Cela va vous amener à contacter des coachs plus seniors pour savoir comment faire, quoi mettre dans le contrat, comment assurer une relation sécure en l'absence de formation, et donc à être proactif. Il y a des superviseurs très expérimentés qui font du gratuit (ou du faiblement payant) dans un cadre clair sans être en posture de sauveur : renseignez-vous, contactez-les. 

 

Et là, vous pouvez éventuellement découvrir que cela vous ennuie, et questionner la reconversion.

Ou découvrir que vous avez un truc, un style, qui donne des résultats, et qu'il conviendrait simplement de sculpter cela avec de la formation au coaching.

 

C'est un bon signe quand le coaching est un peu de ce que vous faisiez déjà ou de ce que vous préfériez faire dans votre métier précédent (ou avec vos amis). Cela doit questionner votre reconversion si le coaching vous attire sans référence à des expériences déjà vécues. 

Existe-t-il un profil type de personnes qui ne sont pas faites pour le coaching ? 

 

Bien évidemment non. Mais quand le coaching est vu comme un bon moyen de gagner de l'argent sans trop faire d'efforts, quand le métier est idéalisé alors qu'il n'a pas été testé, et surtout quand ce métier est pris à la légère, cela pose question.

 

 

Souvent, les futurs excellents coachs sont ceux qui doutent le plus de la justesse de s'engager dans ce métier, qui se posent mille questions, et qui sans se l'avouer, ont démontré par le passé avoir un vrai truc avec le fait de faire grandir les autres.

 

Matthieu, au fait, qu'est-ce que le coaching pour vous ? 

 

Le coaching professionnel est une alliance entre le coach et le client, alliance qui va permettre au client de créer d'autres manières de voir les choses, qui vont laisser émerger des possibles, du changement et lui permettre, dans le cadre de ses activités professionnelles (même si tout est lié) de libérer aux maximum son potentiel et à la juste place (ou aux justes places).

 

Pour que cette alliance sont belle, élégante, transparente, efficace, sécurisante et joyeuse, le coach pose un cadre : nombre de séances limitées en avance, clarté des modalités, confidentialité, absence de jugement, bienveillance, véritable possibilité de la part du client de s'affirmer et de s'exprimer, d'être enfin compris.

 

Le client est au centre de l'accompagnement, le coach n'est pas un sachant avec sa méthode, il s'adapte à son client, il multiplie les métas pour vérifier que tout est ok pour lui.  Et ce cadre se pose par un contrat écrit, par des mots, mais aussi par le non verbal, la vibration du coach, qui ne peut éviter un long travail sur lui pour vraiment permettre cette alliance de qualité (demande de s'être accepté, d'être tranquille et sans jugement avec soi et donc envers les autres).

 

Et qu'aimez-vous dans le coaching que vous pratiquez ? 

 

Avec le coaching spécialisé hauts potentiels que j'ai créé, et qui reste dans le cadre du coaching décrit par l'International Coach Federation, ce que je trouve passionnant, c'est d'être avec le client là où tout se joue, souvent dans un univers métaphorique ou créatif qui condense différentes situations problématiques en même temps, et qui en même temps condense différentes angles de vues possibles (faire appel à la force de l'imaginaire et de la dimension créative du client).

 

Et parfois l'identité professionnelle si impossible à trouver, c'est juste ajouter une couleur à la toile de fond de sa vie, ajouter une perle au collier imaginaire de ses talents. Et lorsque l'on redescend sur le concret, les solutions et décisions émergent naturellement. Et cela parce qu'on a surtout pas répondu à la question, on a modifié le paradigme sur lequel la question était basée.

 

C'est la créativité qui est passionnante dans ce métier, notamment en collectif. L'art de s'appuyer sur son intuition et sa capacité d'analyse et de synthèse, sur sa finesse de perception aussi, pour accompagner un collectif, ou une personne, à pivoter son problème jusqu'à trouver l'angle de vue qui le transforme en solution.

 

Une croyance actuelle est qu'une personne ne peut faire que des compromis pour s'adapter à un monde négatif (c'est la vision actuelle, qui se retrouve en politique : il y aurait des compromis à faire entre l'écologie et la croissance, entre économie et indépendance et social...).

 

Avec le coaching, vos clients se rendront compte à quel point on peut faire du + /+ avec les autres, en s'autorisant à sortir de ses croyances et certitudes pour libérer sa créativité.

 

Mais il y a autre chose que je trouve passionnant. C'est cet art de faire émerger la transformation. Quand il y a une immense émotion qui monte chez le client (pas intentionnelle, c'est simplement le cadre du coaching qui le permet), et qu'il lâche enfin quelque chose, qu'une immense autorisation émerge, qui va lui permettre d'atteindre ses objectifs qui font sens. 

Matthieu, une fois que la personne a de bonnes raisons de penser que le coaching est une vocation (qu'elle pratiquera à 100% ou qu'elle inclura dans son métier actuel) et qu'elle pense pouvoir en vivre, du coup, il y a l'école à chercher,...comment bien vivre sa formation de coaching ? 

 

Je vais commencer par le négatif, qui devient du positif une fois que c'est simplement conscientisé ! 

 

Parfois, les formateurs ne sont pas vraiment au fait des spécificités des hauts potentiels. Quitte à être bien surpris, préparez-vous aux petits désagréments suivants : 

  • L’ennui : les météos et autres mises en lien qui durent une éternité
  • Le manque de contenu des formations
  • Les formateurs qui interprètent les singularités du haut potentiel par autre chose (trop de puissance, trop de justesse, ce peut être vécu comme de la compétition, ou une attitude rebelle)
  • La jalousie de certains élèves coach de votre puissance, le rejet (surtout de la part de ceux qui se savent semi-consciemment haut potentiel mais sont aux prises avec un lourd faux-self : ils vont extérioriser leur conflit intérieur en se mettant en conflit avec vous)

Ne prenez rien pour vous. Formateurs comme élèves coachs sont des personnes qui cherchent à maintenir leur équilibre psychique avec ce qu'ils ont. Et rappelons que très souvent, c'est vous qui aurez effectivement quelque chose à travailler ! (humilité).

 

L’école de coaching reste une expérience essentielle à prendre avec humilité, avec recul et équilibre. Ne soyez ni dans la remise en question identitaire, ni dans l’arrogance ou le rejet face à un feedback difficile à entendre. Mais dans l'écoute. Et profitez à fond des nombreux formateurs qui vous surprendront par leur excellence et parfois leur connaissance du haut potentiel.

Matthieu, avec toutes ces offres de formation on ne s'y retrouve plus. S'il vous plaît, dites-nous quelle école choisir ! 

 

Choisir uniquement en fonction du prix comme de la localisation pose question : on s'engage dans le coaching ou on ne s'y engage pas ! Le choix gagne à se baser en grande partie sur votre adhésion à l'état d'esprit de l'école, ses valeurs, et le type de coaching auquel vous avez envie d'être formé, le type de clients que vous avez envie d'accompagner. Plus business ou plus coaching de vie ? Plus métaphorique et créatif ou systémique ou les deux ? ...Avec un accompagnement à l'installation ou vous avez déjà votre réseau, vos clients, et ce qui vous intéresse c'est le coeur du coaching ? 

 

Chaque haut potentiel étant différent, chacun trouvera l'école qui lui convient. Même en off, très sincèrement je ne saurais pas dire quelle est la meilleure école et si il existe une meilleur école ! 

 

Vous trouverez sur internet de nombreux articles avec des listes de critères. En tant que haut potentiel, je conseillerais de porter une attention particulière aux points suivants : 

  • Ce que vous avez ressenti lors de la réunion d'information, en écoutant votre intuition, et lorsque vous avez échangé avec les principaux formateurs
  • Le contenu de la formation, et la validation par les neurosciences de ce contenu 
  • Si c'est la veille école qui se laisse vivre où s'ils sont vraiment à l'affût des nouveaux résultats de recherche
  • La reconnaissance par l'Etat de votre pays de la formation, et par un des organismes de certification les plus connus et vraiment internationaux
  • Le processus de certification doit être transparent, tout comme le programme de formation
  • Le lieu de la formation, la taille des pièces, le confort, l'ambiance qui peut être symbolique de là où en est l'école par rapport aux questions de l'abondance, du lien avec l'entreprise (et donc avec l'Autre, le monde, le futur), de l'affirmation de soi et de l'écoute de ses besoins (ainsi, vous pourrez être accompagné sur ce sujet, toujours penser en systémique)
  • Les aspects financiers, les conditions d'annulation et de remboursement, cela doit être écrit, clair et transparent
  • La sélection d'élèves qui ont vraiment travaillés sur eux-mêmes et qui seront vraiment capables de devenir coach dans un contexte économique très exigeant
  • La qualité et le professionnalisme du site Internet de l'école qui parle de sa capacité d'adaptation au réel et au temps présent, à se mettre en valeur et à communiquer
  • L'absence d'Ego, de culte de la personnalité, d'idéologie
  • Une école reconnue des DRH des plus grandes entreprises, avec des équipes de formateurs qui modélisent la solidité, la confiance, avec des parcours scolaires et professionnels solides et diversifiés (des ingénieurs, des thérapeutes,...)

 

Pouvez-vous nous donner quelques sites pour se renseigner ?

 

Faites bien sûr vos propres recherches. Je donne quelques liens pour démarrer :

  • L'International Coach Federation, avec sa définition de coaching, son code éthique, sa liste de compétences du coach, sa liste d'écoles certifiées, ainsi que l'EMCC
  • L'article de l'Institut Repère pour choisir son école de coaching 
  • Recherchez avec les mots clés autour de : coaching stratégique et systémique
  • Faites des recherches multicritères sur linkedin : quelle école semble corrélée après X années à quelle situation aujourd'hui ? Et contactez les gens pour échanger. Personne vous dira que sont école a été mauvaise, mais lisez entre les lignes.

Conclusion 

 

Dans le message que je voulais vous faire passer, le plus essentiel est de vous considérer en tant que chef d'entreprise, qui va créer sur le marché quelque chose de vraiment nouveau, et ainsi trouver ses clients. Pour se donner toutes les chances d'avoir un océan bleu sur le marché, le coaching, dans le style, la manière de le présenter, doit être aligné avec votre essence; essence qui peut se retrouver dans ce que vous avez préféré faire par le passé comme dans votre futur souhaité. 

 

Le chef d'entreprise, avant de lancer un produit, fait des projets pilotes, pose des étapes intermédiaires, qui vont valider ou non le projet. Il convient de faire de même avec le coaching. C'est un de vos "produit", que vous allez tester et vendre progressivement. Si la rentabilité ne vient pas par exemple, vous vous en rendez compte tout de suite et vous pivotez vers une autre activité (ou une autre manière de vendre votre coaching) toujours alignée avec vous.

 

En agissant en chef d'entreprise, vous accompagnerez vos clients à faire de même. 

 

Agir en directrice ou directeur général, agir en leader me semble l'élément clé. Si le coaching, c'était pour fuir le monde de l'entreprise, c'est manqué ! 😊 Vous devenez une entreprise, avec un stratégie marketing, un réseau, des segments clients différents, un suivi financier, ce n'est que comme cela que vous donnerez à votre vision et à vos valeurs de l'impact.

 

Car être coach, ce n'est pas seulement accompagner des clients individuels ou collectifs, c'est écrire des livres et communiquer vos idées dans vos communautés de coach et à l'extérieur pour que le coaching continue de se professionnaliser et de répondre au besoin, qui n'a jamais été aussi grand, de compréhension et d'écoute en entreprise.

 

Enfin, je vous invite à vous inscrire à mes lettres pour être tenu.e au courant de mes articles, formations et conférences, de mes opinions et réactions, et surtout pour rester en contact.

 

Les pages de mes différents réseaux sociaux à mettre en favoris (ce sera une bonne chose de faite 😊), tout cela se trouve ici

 

Si vous voulez vous renseigner sur le coaching, je vous laisse explorer à partir d'ici, ou de là pour les prescripteurs en entreprise

 

Bien à vous tous,

Matthieu Lassagne

 

Coaching & Douance, coaching professionnel spécialisé Hauts Potentiel et multipotentialistes | Equipes dirigeantes, dirigeants, coaching en organisation (prise de poste, affirmation) et coaching en épanouissement et positionnement professionnel (reconversion) Supervision de coachs et d'accompagnants au changement (DRH/DG)

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